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Archive for 15 novembre 2009

Aujourd’hui le bio se vend, donc tout le monde aimerait faire du bio. A condition, bien sûr, que l’on puisse produire autant que si le bio n’était pas bio. On cherche donc des produits de substitution aussi performants que les pesticides et les engrais chimiques, pourvu qu’ils soient autorisés.

Une des solutions, pour certains gros producteurs, consiste à saturer les sols en phosphates et en potasse. Au bout de 3 ans de conversion, les produits obtenus bénéficient encore de ces apports pendant un an ou deux. Il suffit d’avoir une exploitation assez grande pour faire tourner les cultures sur les parcelles, 5 ans sur une parcelle, 5 ans sur une autre, afin de bénéficier toujours de l’agrément bio…

D’autre part, avec l’huile d’olive, bio ne va pas toujours de pair avec qualité. En effet, on peut produire de l’huile bio à partir d’olives véreuses mais elle est alors oxydée, et son taux d’acidité est plus élevé. D’où des arômes peu marqués et une conservation difficile.

Conclusion: Il y a BIO et BIO. Je dirais: le BIO productiviste et le BIO philosophique.

Ce dernier ne bénéficie pas d’un label particulier. Il est pratiqué par les adeptes d’un mieux-vivre au naturel qui appliquent d’abord leurs principes à eux-mêmes et à leur famille. Ils ne cherchent pas à dominer à tout prix la nature mais à s’accommoder de ses humeurs en adaptant leur travail aux exigences de leur terroir. Plutôt que dépendre, économiquement,  d’une récolte toujours aléatoire, ils préfèreront être pluri-actifs et s’accommoder d’un emploi à mi-temps qui leur permette de faire face aux obligations du quotidien.

Par contre, la qualité est au centre de leurs préoccupations. Les critères de cette qualité ne sont pas le poids, ni la quantité, ni l’aspect mais les arômes et la teneur en vitamines et en oligo-éléments.

Ainsi, l’irrigation des oliviers, autorisée en bio, est une aberration lorsqu’on sait que la teneur en polyphénols en dépend et que, plus une plante doit aller chercher sa nourriture profondément, plus elle se chargera d’éléments complexes.

L’olivier pratique l’alternance, c’est-à-dire que sa production est irrégulière. Pour le respecter, il ne faut pas baser l’économie de son entreprise sur une récolte annuelle. On privilègiera les produits transformés dont les stocks peuvent être gérés sur deux ans et on associera une autre culture, un peu d’élevage ou un autre emploi en complément.

Aujourd’hui, avec la mondialisation et la PAC, si nous voulons sortir du cycle infernal du productivisme à outrance, il nous faut opter pour d’autres façons de penser notre agriculture: démarches de qualité, commerce de proximité, accueil à la ferme, activités touristiques.

Aujourd’hui, dans les éditoriaux de la presse agricole, ceux-là même qui ont toujours combattu les nouvelles façons de penser la ruralité, pleurent misère et déplorent la mort de l’agriculture en un chant du cygne désespéré. Pourtant, un autre genre d’exploitation se développe. Une agriculture de terroir, qui respecte et valorise sa terre et sa région, tournée vers des circuits courts de commercialisation, qui se soucie peu ou prou des MIN et autres grandes distributions.

L’agriculteur est mort? Vive le paysan.

Vous, consommateurs, qui ne savez plus à quel saint vous vouer, allez à la rencontre des producteurs. N’achetez pas un produit simplement parce qu’il est BIO mais choisissez de préférence les produits de proximité, cultivés près de chez vous. N’hésitez pas à vous rendre sur les lieux d’exploitation ou sur les marchés. Demandez des explications, informez-vous. Impliquez vous dans vos achats. Choisissez vos producteurs. Et  fiez vous aussi à votre goût. Plus un produit agricole est complexe (donc cultivé naturellement), plus il développe d’arômes et de saveurs. Votre goût sera votre meilleur label.

 

 

 

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